Ce que les responsables logistique au Québec et au Canada doivent savoir sur le véritable TCO des camions électriques

Transport & logistique

5 min
9 mars 2026
Laurent Porati

L’électrification des flottes de camions n’est plus une vision à long terme au Canada : elle est déjà en marche, portée par les objectifs de décarbonation et les investissements publics, notamment au Québec et en Colombie-Britannique. Le Québec, en particulier, affiche des objectifs ambitieux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, renforçant l’urgence de cette transition.

Mais une question demeure pour de nombreux directeurs transport : quel est le véritable coût total de possession (TCO) d’un camion électrique par rapport au diesel ?

Encore aujourd’hui, le coût d’acquisition est souvent perçu comme le principal frein. En réalité, le TCO repose sur plusieurs leviers clés : énergie, maintenance, infrastructure de recharge, planification opérationnelle, disponibilité et valeur résiduelle. Et sur ce terrain, les idées reçues évoluent rapidement.

1. Le coût de l’énergie : un avantage structurant au Québec et au Canada

Au Canada, et particulièrement au Québec, le coût de l’électricité constitue un avantage compétitif majeur pour les flottes électriques, grâce à une énergie largement décarbonée et à des tarifs relativement stables.

Si les études internationales, notamment celles de l’ICCT, montrent que l’optimisation de la recharge permet d’atteindre un coût au kilomètre comparable ou inférieur au diesel, le contexte canadien renforce encore cet avantage :

  • un prix de l’électricité généralement plus stable que celui du diesel, et notamment la stabilité tarifaire offerte par Hydro-Québec,
  • une forte disponibilité d’énergie bas carbone (principalement l’hydroélectricité),
  • et un potentiel élevé d’optimisation énergétique à l’échelle des dépôts.


Expertise Chargepoly :

Grâce à notre plateforme Lucie, les transporteurs peuvent piloter en temps réel leur stratégie de recharge, en fonction :

  • des besoins opérationnels,
  • des contraintes réseau,
  • et des opportunités tarifaires (tarification dynamique et/ou réduction des appels de puissance).

Cette approche permet de maîtriser durablement le coût énergétique, qui devient un levier de performance plutôt qu’un poste de dépense subi.

2. La maintenance : un avantage amplifié par les conditions climatiques nordiques

Les camions électriques comportent moins de pièces mécaniques complexes, ce qui réduit significativement les besoins de maintenance.

Selon le Journal of Cleaner Production (2024), les coûts de maintenance sont nettement inférieurs à ceux des camions diesel sur l’ensemble du cycle de vie.

Contexte canadien :

Dans des conditions hivernales exigeantes, les véhicules électriques présentent aussi des avantages :

  • Moins d’usure liée aux cycles moteur.
  • Freinage régénératif réduisant l’usure des freins.
  • Moins de dépendance aux systèmes thermiques sensibles au froid.

Résultat : une meilleure disponibilité des véhicules et une réduction des coûts d’exploitation. Les flottes canadiennes commencent à documenter cet avantage sur le terrain.

3. L’infrastructure de recharge : un levier stratégique du TCO

Au Canada, où les distances sont importantes et les usages variés, l’infrastructure de recharge est un facteur déterminant de la rentabilité.

Une stratégie mal dimensionnée peut entraîner :

  • des surcoûts énergétiques,
  • des pics de puissance coûteux,
  • ou des pertes de productivité.

À l’inverse, selon l’ICCT (2021) et l’IEA (2025), ainsi que les travaux menés par des organismes comme Propulsion Québec, une infrastructure optimisée peut réduire le TCO jusqu’à 30 %.

Expertise Chargepoly :

Nos stations modulaires, couplées à Lucie, permettent :

  • de mutualiser la puissance,
  • de lisser les pics de consommation,
  • et d’adapter l’infrastructure à la croissance des flottes.

L’infrastructure devient un actif stratégique, et non un simple centre de coûts.

4. La planification opérationnelle : un facteur clé souvent sous-estimé

Le TCO dépend fortement de l’usage réel des véhicules.

Les études ICCT montrent que :

  • les camions roulent souvent moins que leur capacité maximale,
  • les pauses réglementaires et les arrêts logistiques offrent des opportunités naturelles de recharge,
  • une recharge bien planifiée évite le recours coûteux à la recharge publique.


Contexte canadien :

Avec des trajets longue distance et des contraintes climatiques, la planification énergétique devient critique pour maintenir la performance opérationnelle. Une mauvaise planification peut générer 20 à 40 % de coûts supplémentaires.

5. Valeur résiduelle et durée de vie : une dynamique favorable

Selon ResearchAndMarkets (2021), sur un cycle de 15 ans, un camion électrique peut offrir un avantage TCO de 8 à 16 % par rapport au diesel.

Cette performance repose sur :

  • une dépréciation plus stable (légèrement influencée positivement par les subventions gouvernementales initiales),
  • une durée de vie des batteries en amélioration continue,
  • et des coûts d’entretien plus faibles.

6. Les aides publiques : un catalyseur essentiel

Le Canada propose plusieurs programmes de soutien (fédéraux et provinciaux), notamment pour l’achat de véhicules et le déploiement d’infrastructures.

Au Québec, l’Aide pour réduire l’émission de GES dans l’industrie du transport routier de marchandises et des véhicules de service (Écocamionnage) est un levier majeur pour l’acquisition de camions zéro émission. Au niveau fédéral, des programmes comme iVMLZE existent également.

Mais ces aides ne sont qu’un levier d’amorçage. Le véritable moteur du TCO reste :

  • le coût de l’énergie,
  • la performance opérationnelle,
  • et l’optimisation de l’infrastructure.

7. Un TCO plus stable et prévisible

Contrairement au diesel, soumis à une forte volatilité, le TCO électrique est beaucoup plus prévisible :

  • prix de l’électricité plus stable (en particulier au Québec),
  • coûts de maintenance maîtrisés,
  • pilotage énergétique optimisé.

Un avantage clé pour les responsables logistique, qui peuvent enfin planifier à long terme avec confiance. Un changement de paradigme pour les transporteurs canadiens

Conclusion

Les études récentes (ICCT, IEA, ResearchAndMarkets, Journal of Cleaner Production) convergent : le TCO des camions électriques est désormais compétitif, stable et stratégique.

À condition d’optimiser :

  • le pilotage énergétique,
  • l’infrastructure de recharge,
  • la planification opérationnelle,
  • et la disponibilité des véhicules.


Avec Chargepoly, les transporteurs canadiens peuvent aborder cette transition avec une
approche globale et maîtrisée, transformant l’électrification en avantage économique durable et en un puissant outil de conformité aux objectifs de décarbonation du Québec et du Canada.

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